Bienvenue à Fréterive

SITUATION :
 

Frèterive, village agréable situé au cœur de la Savoie au confluent de l'Isère et de l'Arc s 'étend du fond la vallée à une altitude de 285 m à la crête de l'Arclusaz en son point culminant la pointe des Arlicots à l'altitude de 2060 m. La population en 2018 est de 630 habitants.
La commune s'étale sur environ 5 km d'Ouest en Est avec 5 hameaux principaux qui sont la Maserie à proximité du château de Miolans, le Villard, le Chef Lieu, la Fiardière et les Moulins où se dresse un château du XVI è siècle.
Les communes limitrophes de Frèterive sont : Ecole en Bauges au Nord, Saint Pierre d'Albigny à l'Ouest, Chamousset et Aiton au Sud et Grésy sur Isère à l'Est. Le territoire de Frèterive fait partie avec 63 autres communes du Parc Naturel Régional des Bauges classé Géopark et avec 40 autres communes de la Communauté de Communes Coeur de Savoie.
 
 
HISTOIRE :
 

La position stratégique de Frèterive au croisement des grandes vallées alpines et sur l'axe principal de communication avec l'Italie en a fait un lieu de passage obligatoire pour les envahisseurs, les belligérants, les colporteurs et les commerçants, ce qui explique un patrimoine historique très riche.
Sans doute habitées depuis la préhistoire pour sa richesse en sources et torrents, les falaises et coteaux de Frèterive conservent les traces de nombreux vestiges romains dont des Thermes imposants au hameau de l'Eglise découverts en 1983 et 4 cippes funéraires découvertes en 1805 au Chef-Lieu.
La commune de Frèterive située sur la voie Romaine Vienne - Milan capitales régionales de l'Empire Romain a vu passer César et ses cinq légions romaines, tous les envahisseurs du haut Moyen Age et par la suite toutes les armées des Rois et Empereurs de France et celles de leurs ennemis venant guerroyer de part et d'autre des Alpes. Pendant les conflits, bien souvent les armées
établissaient un camp à Freterive pour bloquer l'accès de la Combe de Savoie par la rive droite et contrôler la traversée de l'Isère vers la Maurienne et l'Italie.
L'occupation du village au haut Moyen Age est attestée par la découverte de quatre tombes constituée de dalles en lauzes en 1963 au Carroz.
Les archives les plus anciennes font état de l'existence d'une Eglise dès le XII éme siècle que jouxtait un Prieuré occupé par une dizaine de moines et novices jusqu'au XV ème siècle. La paroisse de Fréterive a comme saint patron Christophe, littéralement « le porteur du Christ », dont la légende est illustrée par une statue et un vitrail dans le chœur de l'église.

L'Isère , repoussée par les alluvions de l'Arc dont le bras principal avait sa confluence au droit du Chef Lieu venait éroder les coteaux d'où l'origine du nom de la paroisse "Fractâ Ripâ" , en latin rive effritée qui donnera progressivement Freterive. Cette configuration faisait que, contrairement aux autres secteurs de la Combe de Savoie entre Albertville et Montmélian, l'Isère n'avait qu'un seul ou au plus deux bras ce qui permettait la construction d'un pont en amont de la confluence avec l'Arc. Ce pont est mentionné en 1239 par les Chartreux de l'Abbaye de Lourdens à Aillon en Bauges qui ont obtenu à cette date une exonération du péage par le seigneur Nanthelme de Miolans pour le passage de leur bétail. Certains écrits font état d'un "pont Romain" qui aurait été construit en pierre de taille mais il est difficile de savoir s'il a traversé les siècles jusqu'au Moyen Age ou s'il s'agissait d'un nouveau pont dit "médiéval" Par la suite ce pont a été détruit par les crues à de nombreuses reprises et reconstruit en poutres de bois sur piles en pierres. A chaque période de guerre le pont était détruit pour couper la route a l'ennemi qui construisait alors un pont provisoire dit "pont de bateaux" à l'aide de barges flottantes sur lesquelles était fixé un platelage permettant le passage des hommes, chevaux et canons.
La traversée de l'Isère se faisait également par un bac de type "à traille", c'est à dire une barge, retenue par une corde tendue entre les deux rives et dirigée par un gouvernail, qui pouvait transporter plusieurs personnes, du bétail et même des charrettes de "blâche". Ce bac était installé en aval de la confluence avec l'Arc et destiné à l'accès aux "îles" qui étaient des parcelles formées par les différents bras de l'Arc dont les habitants de Freterive étaient propriétaires et où ils faisaient paître leurs troupeaux ou fauchaient les "blaches" pour servir de litière. La traversée était périlleuse et en 1823, une rupture de la corde provoqua un naufrage et la noyade de cinq personnes.
La présence des deux rivières était si importante pour Freterive qu'il existait également un port situé juste en aval de la confluence au droit du Chef Lieu mais dont la localisation variait en fonction de l'évolution des bancs de sable avec les crues. Près de ce port se tenait une auberge qui servait d'étape aux bateliers qui descendaient l'Isère avec des radeaux formés de troncs d'arbres transportant des denrées et des produits artisanaux dont ils faisaient commerce jusqu'à Marseille où les troncs étaient également vendus. Ce port a servi également au déchargement des barges de minerai de Fer des Hurtières qui partait ensuite à dos de mulets vers les forges de Tamié, Faverges et Crans près d'Annecy.

Pendant la guerre de succession d'Espagne au début du XVIII ème siècle le village, entouré de fortifications pour couper l'accès aux vallées a servi de camp retranché aux troupes françaises de Louis XIV commandées par le Maréchal de Berwick.
Frèterive fut ensuite occupé par les Espagnols entre 1742 et 1749, avec des dommages collatéraux importants comme les pillages, la malnutrition et les maladies, l'état civil de l'époque fait état de 127 décès pour la commune entre 1742 et 1744. Le pont dit ''des Espagnols '' sous le hameau de la Fiardière fut construit à cette période, il était constitué de deux culées, une de 35 m à partir de la rive droite et une de 45 m vers la rive gauche et avait une largeur de 5m.
Les Français ont a nouveau occupé la commune en 1793, puis les troupes napoléoniennes sont plus tard passées pour aller guerroyer en Italie contre les Autrichiens faisant au passage de nombreux recrutements plus ou moins volontaires de Fretarivots après la mise en place de la conscription par tirage au sort en 1798. Les Autrichiens ont a leur tour campé à Freterive plusieurs mois en 1815 en pillant à nouveau les habitants.
Les Frétarivots ont été mis à contribution pour l'endiguement de l'Isère d'une part pour transporter les roches depuis le pied de nos falaises jusqu'à la digue, une carrière a été exploitée au torrent de la Colonne et d'autre part pour financer les travaux du "diguement". Freterive a perdu en 1853 son statut de commune riveraine de l'Isère et la route vers la RD 1090 avec le pont sur la Bialle ont été crées vers 1856.
Après le rattachement de 1860 à la France, il n'y eu plus de batailles sur notre territoire mais les jeunes soldats partirent faire les guerres de 1870, 1914 (33 morts), 1939 (3 morts) . Le 16 Août 1944, le bombardement du Pont Royal fera 2 morts parmi les civils travaillant à leur champs dans la plaine et détruira la quasi totalité des vitraux de l’église. Freterive accueillera également en 1944 plusieurs familles de Mauriennais victimes des bombardements de St Michel et Modane.


 AGRICULTURE:


L'exposition sud est des coteaux de l'Arculsaz a sans doute permis la sédentarisation des cueilleurs chasseurs vers la fin du Néolithique après le retrait des grands lacs alpins, avec le développement de l'agriculture et de l'élevage. La présence de l'eau en abondance et la fertilité de la terre entre les falaises et les marais de l'Isère a été propice a la diversification des cultures assurant l'installation des villages.
La polyculture et l'élevage de quelques vaches ou chèvres et d'un cochon et quelques arbres fruitiers dont les châtaigniers et les noyers pour la conservation de leurs fruits, ont assuré la subsistance pendant des millénaires. La domination au moyen âge des seigneurs de Miolans qui se réservaient les meilleures terres ainsi que la présence de l'Isère ont incité les habitants à s'installer sur les hauteurs entre 500 et 800m d'altitude où les terrains étaient défrichés et le fourrage collecté jusque sous les falaises de l'Arclusaz à 1700 m.

Par la suite, les débuts de l'industrie textile ont connu l'apparition de la culture du cpour la confection des draps, des chemises et des cordes, d'où la présence de rouets dans les fermes puis à partir de 1576, la plantation de mûriers pour l'élevage des vers à soie dont les cocons étaient livrés aux soieries lyonnaises. Plus tard une nouvelle source de revenus provint de la culture du tabac qui occupât les terrains mis à disposition par le "diguement" de l'Isère.
La vigne, installée depuis l'époque romaine, est une composante essentielle de l'agriculture de Freterive. Le recensement fait en 1729 pour l'établissement de la Mappe Sarde relève une surface de près de 56 Ha avec des plantations en partie supérieure des coteaux jusqu'à la limite des falaises. Les propriétaires étaient les nobles et bourgeois pour 27%, les ecclésiastiques pour 7% et les communiers pour 66%, la surface plantée actuelle est de 75 Ha. L'arrivée tardive du phylloxéra à Freterive en 1883 a constitué une double bonne opportunité, tout d'abord parce qu'elle a permis le rachat à bon prix des vignes que les nobles et les ecclésiastiques se sont empressés de vendre alors que peu de temps après le greffage sur des vignes mères d'origine nord américaine a permis d'éradiquer cette maladie et également parce que l'acquisition de la technique du greffage a généré une nouvelle activité très rentable avec le développement des pépinières viticoles qui aujourd'hui encore est la ressource principale de la commune permettant au département de la Savoie d'être de second producteur en France dans ce domaine.
La commune de Frèterive avec une altitude moyenne de 1172 m est classée ''commune de montagne'' , néanmoins seuls les terrains de la plaine sont cultivés en maïs, blé, soja, colza, céréales diverses, cultures maraîchères et pépinières viticoles et les coteaux situés entre 300 et 500 m plantés en vignes.
Il subsiste une seule exploitation consacrée à l'élevage et les pelouses sèches étagées entre 500 et 800m autrefois utilisées pour le pâturage et la fenaison sont aujourd'hui des friches envahies par les buissons et les arbustes.
Aux altitudes supérieures sur les pentes de l'Arclusaz la foret se développe jusqu'à 1600 m environ puis au-dessus à nouveaux des prés surplombés par les falaises et rochers qui grimpent jusqu'à la crête aérienne formant limite avec la commune d'Ecole en Bauges.


 INDUSTRIE :


Frèterive a également un riche passé industriel, à commencer par la présence de 4 moulins à grains ou à huile, 1 foulon et 1 battoir sur le bief du ruisseau de Cayan les Moulins et 3 moulins et 1 battoir sur le torrent de Montplan les Barlettes renforcé par un bief en provenance de Raffoux, tous très anciens et déjà répertoriés sur la Mappe Sarde de 1729 consultable en Mairie.
Des carrières de lauzes et de marbre étaient exploitées sur la commune ainsi que de nombreux fours à chaux pour la construction des maisons et monuments et de nombreuses charbonnières produisaient du charbon de bois revendu soit aux moines de Lourdens en Bauges pour la fabrication du minerai de fer soit aux forges de la vallée. Des magnaneries signalées dès le XVI ème siècle et une soierie installée en 1857 dont subsiste la grande roue ont fait travailler jusqu'à une centaine d'ouvrières sur 28 métiers pour des tissus de soie vendus sur Lyon .
A partir de 1840 la famille Catella venue d'Italie racheta un atelier de maréchal ferrant qui devint progressivement une forge taillanderie qui perdura pendant 3 générations jusqu'en 1995.
Frèterive fut également en 1911 une des premières communes électrifiées de Savoie grâce à l'ingéniosité des frères Chatelain installant une petite turbine sous une conduite accrochée à la falaise de Montplan et alimentée par un petit barrage.
Les bâtiments de la soierie qui cessa sont activité en 1939 furent repris au début des années 1950 par la société ERCEM pour des activités de mécanique et chaudronnerie et par Albert CLERC qui dessina et mis au point un tracteur agricole qui fut produit à plus de 800 exemplaires jusqu'en 1956, commercialisés dans toute la France.
A la même époque un petit atelier de fabrication de mini lames de scies pour ampoule
pharmaceutiques s'installa au bas de la rue de la Tronche.
De tout ce passé industriel il ne subsiste plus que l'allée des mûriers, le barrage et la grande roue de la soierie et la forge, les moulins sont tombés en ruine ou été transformés en maisons d'habitation.